Depuis le 19ème siècle, le Kabyle entre l’exil, la mort ou la révolte

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Arezki Ulvachir Abdoun

Je me permets d’écrire cette ébauche pour considération à un pan d’histoire immuable. 
C’est en 1895, à la fin du 19ème siècle que la Kabylie a connu un banditisme issu de la politique coloniale répressive et spoliatrice, laissant «Arabes» et Kabyles sujets et tributaires de la France. Il était conféré aux Juifs Algériens par la grande naturalisation collective un statut de dupe au service du colon.

On a beaucoup parlé de l’influence du parti anti-juif dans l’Algérie coloniale, ainsi que le maintien de plus en plus évident et affirmé politique de l’élément israélite sur le commerce, la finance, les biens immobiliers. 

Je tiens à signaler aux guérisseurs de bonne volonté, trois principaux chancres phagédéniques algériens, nettement bien tranchés sur les questions les plus sensibles de l’époque, ou le nuage de fumée des opinions politiques portées par l’antisémite Édouard Adolphe Drumont, député d’Alger de 1898 à 1902, directeur fondateur du journal anti-juif, La libre parole et autour de la France juive

En 1871, Isaac Adolphe Cremieux (1790-1880), l’ancien membre du gouvernement de la défense nationale française se faisait élire député d’Alger. Ses décrets hissèrent les Juifs d’Algérie et leur accordèrent le droit de vote. Pendant ce temps, les Amazighs étaient condamnés à croupir au plus bas de l’échelle sociale pour y subir ensuite les rigueurs humiliantes du régime civil.

27 ans plus tard (1898-1902) se déclenchèrent des émeutes anti-juives d’Alger. C’est un fait patent que la dépossession des autochtones de leurs biens ont eu lieu le plus souvent au moyen du prêt usuraire hypothécaire, du faux en écriture et de la corruption judiciaire et administrative, arts dans lesquels beaucoup de coloniaux républicains Français étaient passés maîtres en faisant porter le chapeau aux Juifs…

Tandis que le banditisme en Kabylie se présente comme un tableau global, où l’auteur s’en prend à l’état de corruption et à la main mise orchestrée de l’élément juif sur les rouages de l’économie et à la pratique abusivement humaine de l’usure et de déliquescence de l’administration coloniale française en Algérie au lendemain de l’insurrection de 1871… laissant Arabes et Kabyles sujets et tributaires de la France. 

De quel côté sont donc les civilisés, où sont les sauvages ?!

Sachant que ce banditisme est une conséquence de la «réorganisation» politique, administrative et économique qui a détruit la société kabyle… 

Ce pays a été bouleversé de part et d’autre.

Les dits civilisés : le chef de bureau Arabe a pris les femmes, l’Administrateur civil s’est emparé des terres, les biens matériels, or, bijoux et troupeaux ont été transférés aux Juifs sacrés citoyens français… 

On a seulement laissé le choix au Kabyle entre l’exil, la mort ou la révolte.

C’est à l’égard des autochtones, que ceux d’entre ces derniers que les brimades et exactions de l’administration coloniale poussent à se révolter et à se faire hors-la-loi. 

Des figures emblématiques émergèrent dans ce contexte, les frères Abdoun Ahmed-Saïd et Mohand Oulhadj, familles très  respectées d’Ath Djennad. 

Cela surtout pour défier l’autorité coloniale, sans oublier l’illustre Arezki El Bachir d’Ath Ghobri qui se révolte contre la politique coloniale spoliatrice; car c’est ainsi que s’est créer une fusion stratégique et circonstancielle “de courte durée” entre Arezki El Bachir Bachène et les frères Abdoun Ahmed-Saïd ; rebelles Kabyles qui s’est contractée entre ces justiciers en 1893; qui s’attaquèrent aux représentants de l’administration coloniale au 19ème siècle. 

Sachant que le bandit d’honneur est un rebelle, un insurgé réfutant l’ordre colonial. A trois reprises, l’administration coloniale française, cherche à mettre un terme à l’activité de cette bande. 

Au printemps 1891, une première opération à eu lieu en mobilisant des soldats algérien d’un corps d’infanterie coloniale en 1830. Puis une seconde est lancée à la fin de l’année 1892, mais ni l’une ni l’autre ne parviennent à arrêter le moindre rebelle. 

C’est ainsi, qu’en 1893, que le gouverneur général d’Alger décide d’envoyer une expédition militaire de plus grande envergure de près de 400 hommes contre Arezki-El Bachir.

Après deux mois de campagne, avec d’énormes ressources et renforts, Arezki-El Bachir, affamé et fatigué est capturé par les administrateurs coloniaux. 
Suite à cela, plusieurs personnes seront condamnés, certains auront commutation de leur peine en celle de travaux forcés à perpétuité et envoyés au bagne de Nouvelle Calédonie. 

L’autorité coloniale souhaitait faire un exemple sanglant  après avoir craint d’être remis en cause, exécuta et guillotina  le 14 Mai 1895 à Azzaga, Arezki-El-Bachir et Abdoun-Ahmed-Saïd sur la place publique en invitant uniquement un public très nombreux d’Européens venus d’Alger et d’ailleurs pour assister à la mise à mort. Cette exécution à même fait l’objet d’une carte postale. C’est une fin brusque et tragique qui sonna le glas de ces héros justiciers.  

Je laisse aux lecteurs, le soin de conclure et je les prie de dire, après avoir scruté leur conscience, si les vrais coupables sont bien ceux que les gens de justice condamnent et que leurs bourreaux attendent !

Vive la Kabylie universelle et immortelle. 

DIRI Rachid

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