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Concorde civile : Bouteflika provoque les Kabyles

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Bouteflika a beau faire tous les efforts dans sa stratégie dictatoriale il n’arrive toujours pas décidément à séduire les Kabyles.

Son discours de haine à Tizi-Ouzou ce jeudi 3 septembre 1999 est une déclaration de guerre aux militants de la cause amazighe. En France l’événement a été pleinement vécu par l’immigration (radios communautaires). Le décalage du discours fortement propagandiste a heurté la jeunesse berbérophone de France.

Voilà sans ajout de notre part quelques-uns des propos haineux tenus par ce Président : « je suis là, je vous habitue à dire ce que je pense, là où je vais » (l’extrait), « je suis capable de faire autant de grabuge que vous, moi au nom de la loi », «  »si parmi vous vous il y a un prophète qu’il avance et nous informe », « nous sommes tous musulmans, il n’y a personne qui ne peut pas dire il n’y a qu’un seul Dieu », « nous sommes entrain d’étouffer l’incendie dans ce pays ». On l’entends alors crier dans la salle, « je dis qu’il y a le feu dans la maison, éteignez le feu, après parlez… » puis « Dieu est avec nous! ».

Quand Bouteflika explose cela ne devient plus amusant du tout : « je n’ai pas la bombe atomique, la bombe atomique que j’ai c’est vous et votre esprit » (l’extrait). Le président fait peur, il instaure la terreur, il galvanise aussi les esprits. Les propos enchaînent se resserrent sur le public à qui il injecte de slogans propagandistes autour de l’unité nationale et de l’islam (l’extrait).

Sur la question de l’identité kabyle, après avoir entendu toutes les doléances (extrait 1 – 2) d’une quinzaine de représentants triés à la volée, voici les propos méprisants tenus par ce dictateur qui a été élu dans la controverse (trafic des urnes) : « sur la question d’amazighité comme langue nationale, je n’ai aucun complexe de mon côté, par contre je me dois de vous dire, de vous poser une question, est-ce que l’amazighité c’est la Kabylie ou la langue berbère parlée en Algérie, il y a en a 13. Je suis venu ici crever votre ballon de baudruche. Si elle devenait langue nationale, ouais, elle ne serait pas officielle ».

Bouteflika s’en est pris aux intellectuels :  » je m’inscris en faux de la désinformation, à la limite de la malhonnêteté intellectuelle ». »Le terrorisme intellectuel c’est une forme de terrorisme ». (extrait)

Pour revenir sur l’événement, Bouteflika est venu à l’improviste à Tizi-Ouzou (en secret d’Etat comme il dit),. Malika Matoub et sa mère de la Fondation Matoub Lounès qui n’étaient pas invités ont tout de même réussi à prendre la parole. Toutes les deux ont demandé en langue berbère et en français à éclaircir la mort de Lounès, qu’il y ai une notification de la part du pouvoir. Elles ont aussi demandé des explications quant à la somme qui leur a été proposée pour les faire taire (75 Millions d’indemnités).

S’agissant pour finir des doléances, une mise en scène loufoque nous a montré des représentants d’associations, de travailleurs. Ceux qui parlaient en arabe n’ont jamais soulevé la question amazighe. Quant aux berbères elle était clairement leur principale revendication: « l’amazighité ne peut pas vivre éternellement dans l’oubli et le mépris »,  » c’est une priorité élémentaire pour la peuple amazigh d’Algérie », « Tamazight ne peut être que langue nationale, il n’y a que la France qui refuse le modèle multilingue ».

Les Kabyles ont accueillis à bras ouverts, avec les you-yous le président algérien croyant qu’il viendrait annoncer ce qu’ils espéraient tous : à savoir la reconnaissance de leur culture et de leur langue et chez eux ont pris une véritable claque. Un des leaders politique, en l’occurrence Saïd SAADI s’est sans doute empressé trop vite pour répondre aux tractations de Bouteflika. La réponse des militants berbères ne saurait se faire attendre étant donné l’impatience manifeste du peuple kabyle. Sera-elle toujours aussi pacifique, souhaitons-le. Bouteflika a prévenu les Kabyles, s’il y en a un qui se relève il l’achèvera.

Stéphane ARRAMI 20 septembre 1999

  • chaque propos de cet article est illustré d’un extrait sonore prouvant l’authenticité et le caractère non diffamatoire des éléments recueillis. Pour Bouteflika l’unité de l’Algérie se fera avec ou sans les Kabyles.

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