Kameleddine Fekhar emprisonné à Tagherdayt : communiqué du CMA

Kameleddine Fekhar emprisonné à Tagherdayt : communiqué du CMA

Le Congrès Mondial Amazigh apprend que le défenseur des droits de l’homme Kamel- Edine Fekhar a été arrêté par la police algérienne dans la matinée de dimanche 31 mars 2019 dans sa ville de Taghardayt (Ghardaya). Au moment de son arrestation il était
accompagné de ses deux enfants mineurs.

D’après nos informations, Kamel-Edine Fekhar est actuellement détenu au commissariat de Taghardayt. Pour son avocat, Maitre Salah Dabouz, cette arrestation est illégale car elle n’a pas été ordonnée par la justice et Kamel Edine Fekhar n’était pas recherché au moment de son interpellation. Maitre Dabouz qualifie donc l’arrestation de Kamel-Edine Fekhar de « kidnapping ».

Kamel Edine Fekhar, défenseur des droits de l’homme et président du Mouvement pour l’Autonomie du Mzab, a déjà été arrêté en 2015, jugé et condamné à deux ans de prison ferme en raison de ses idées politiques et de ses dénonciations des violations des droits de l’homme et des droits du peuple At-Mzab.

Après sa libération, il a continué d’afficher ses idées hostiles au pouvoir algérien, principalement sur internet. Sa nouvelle arrestation
est très certainement un acte d’intimidation visant à le faire taire.

Hadj Brahim Aouf, coordinateur du Conseil des Lycées d’Algérie pour la Wilaya de Taghardayt (Ghardaya) a également été arrêté et il aurait été frappé violemment durant son arrestation.

Il est depuis plusieurs années, victime de tracasseries policières et judiciaires (nombreuses convocations par la police et mises sous contrôle judiciaire répétées) à cause de ses publications sur internet dans lesquelles il dénonce le racisme anti-Mzabs, la corruption et les abus d’autorité.

Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) dénonce cette nouvelle expression de l’abus de pouvoir de la police et de la justice algériennes et leur acharnement inacceptable contre les défenseurs des droits de l’homme et les lanceurs d’alerte au Mzab.

Le CMA exige la libération immédiate de Kamel-Edine Fekhar et de Hadj Brahim Aouf et l’arrêt du harcèlement qu’ils subissent depuis de nombreuses années.

Le CMA va immédiatement alerter les organes concernés des instances internationales et met en garde les autorités algériennes contre les conséquences notamment politiques et sociales de leurs actes arbitraires.

Paris, 21/03/2969 – 2/04/2019
Les co-présidents du CMA
Kamira Nait Sid et Khalid Zerrari

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