Durcissement de la répression en Kabylie

A l’approche des « élections législatives » prévues pour le 12 juin 2021, craignant un très faible taux de participation et surtout un troisième « zéro vote » en Kabylie, les autorités algériennes multiplient les arrestations et abusent de la détention arbitraire qui est devenue la norme en Algérie.

Les défenseurs des droits de l’homme et les membres du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), sont particulièrement ciblés. Le 22 mai, la police algérienne était présente en grand nombre à Aqvu en Kabylie, où elle a procédé dès le matin, à l’interpellation de plusieurs personnes qui devaient se rendre au village de Tifrit pour participer à la cérémonie d’hommage à Masin Uharun, poète et militant de la cause amazighe. Les personnes suivantes ont été arrêtées dans la rue, à la gare et dans des cafés : Massinissa Abache, Mourad Bensalahdine, Achour Iken, Younes Kaced, Djamel Djoudi, Mastinas At Weghlis, Nabil Moussaoui, Menad Maouche, Zahir Ait Mansour, Boudjemaa Bousselam, Karim Fateh, Faouzi Chakri, Marzouk Laoubi, Takfarinas Hitach.

Yuva Meridja, membre du Conseil Fédéral du Congrès Mondial Amazigh (CMA) et Wissem Nasri, ont également été arrêtés à Tifrit où ils étaient venus également pour célébrer la mémoire de Masin Uharun.

Le lendemain, le juge d’Aqvu a placé en détention provisoire une partie des personnes arrêtées et l’autre partie, dont Yuva Meridja et Wissem Nasri, a été laissée en liberté mais placée sous contrôle judiciaire. A la demande du procureur de Vgayet, le juge d’Aqvu a décidé le 1er juin 2021, de convoquer les personnes ayant bénéficié du contrôle judiciaire afin de les mettre en détention provisoire.

Tous sont poursuivis pour des motifs sans fondement, imaginés par la police algérienne tels que : « injures à l’encontre des services de sécurité, agression des forces de l’ordre, atteinte à l’unité nationale et attroupement armé », en référence aux articles 79, 97, 99, 146, 148 du code pénal algérien qui prévoient diverses peines d’amende et de prison pouvant aller jusqu’à dix ans.

Pour le CMA il n’y a aucun motif légitime pour arrêter et mettre en détention des citoyens et notre collègue Yuva Meridja, qui n’ont fait qu’exercer leur droit fondamental de se rassembler pacifiquement et de participer à une cérémonie traditionnelle. Dans ce contexte, plus personne n’est à l’abri d’une arrestation dès qu’il sort de son domicile.

En conséquence, le CMA dénonce avec force ces arrestations que rien ne justifie et exige la remise en liberté immédiate des personnes détenues arbitrairement et l’annulation de toutes les poursuites judiciaires actuellement engagées contre des citoyens innocents et des défenseurs des droits de l’homme. Les autorités algériennes doivent cesser ces harcèlements policiers et judiciaires insensés et qui visent à imposer le silence par la terreur. Le CMA demande instamment aux organisations internationales et notamment à l’ONU, à l’UA et à l’UE liée par un accord d’association avec l’Algérie, d’agir fermement auprès du gouvernement algérien afin qu’il mette un terme à sa politique répressive et à ses dérives totalitaires.

Paris, 22/05/2971 – 3/06/2021

Le Bureau du CMA.

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