Démission forcée de Bouteflika : communiqué de l’URK

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Les mois de février et mars 2019 auront marqué l’histoire de l’Algérie par les immenses marches des peuples d’Algérie contre le système dictatorial qui les a opprimés depuis 1962. Celles-ci ont commencé, en Kabylie, à Kherrata, le 16 février 2019, suivie par celle de Khenechla, trois jours plus tard, pour se généraliser le 22 février à toute l’Algérie. Ce n’est pas étonnant, si les medias algériens ne parlent que de la date du 22 et taisent celle de Kherrata. Les falsificateurs de l’histoire sont habitués à ce genre de manœuvre. Ils se sont toujours appropriés le travail et les luttes du Peuple kabyle.

Il a fallu tant de hogra, de haraga, de fuite de capitaux, de fuite de diplômés, d’injustice et d’humiliation pour que les Algériens devenus la risée du monde suivent enfin la Kabylie.

Le peuple kabyle qui a affronté le système militaro-islamiste seul en 1962 puis en 1963, en 1980 et en 2001, n’a jamais été suivi ni soutenu par le reste des Algériens. Là encore, une grande partie du peuple kabyle très altruiste s’est donnée corps et âme dans cette révolte contre cette dictature en laissant de côté ses revendications ; « ce n’est pas le moment » lui dit-on.

Dans les grandes villes algériennes, pendant ces marches, les drapeaux kabyles et amazighs ont été interdits, le drapeau amazigh est à peine toléré à Alger, alors que les drapeaux palestiniens sont bien accueillis. L’exclusion à peine déguisée des couleurs amazighes même pendant cette lutte contre le même ennemi démontre bien le rejet de la Kabylie et laisse présager un durcissement de l’antikabylisme.

Au sommet du pouvoir la guerre fait rage entre les différents clans pour le contrôle de la rente pétrolière et gazière. Bouteflika n’a pas été déboulonné par les millions de marcheurs mais, ce sont plutôt les menaces directes émises par l’état-major de l’armée qui l’ont contraint à démissionner. Il comptait voler et détruire ce qui restait encore de l’Algérie.

C’est sous sa présidence et le soutien de cette même armée que 130 Kabyles ont été assassinés par des balles explosives et que des milliers de kabyles ont été handicapés à vie.

Avec son machiavélisme, Bouteflika a concédé des droits à l’amazighité d’une main mais il les a vite repris de l’autre en interdisant tous les moyens de son développement et en renforçant l’arabisme et l’islamisme en Kabylie. Sous son règne, plus d’une centaine de militants indépendantistes kabyles sont privés de passeports donc de citoyenneté. Chaque mois des dizaines de militants kabyles sont arrêtés humiliés dans les casernes de police et de gendarmerie.

Depuis son accession au pouvoir, tous les projets économiques privés et publics ont été interdits en Kabylie. En plus de l’humiliation « de loin vous êtes des lions, mais de près vous êtes des nains), il comptait exiler les kabyles et les affamer. Les barrages d’eau que dame nature a donné à la Kabylie sont entièrement conduits vers Alger et Constantine. Toutes les recettes fiscales kabyles son encaissées par les départements limitrophes. La colonisation continue en Kabylie. La langue arabe, est toujours imposée au peuple kabyle par la force dans les écoles, à l’administration, les mairies, les daïras, etc. L’enseignement en langue kabyle est toujours interdit. Les passeports et les cartes d’identité, qui sont toujours en langue arabe, nous désignent aux yeux du monde entier comme étant Arabes.

L’issue de cette révolte finira certainement comme toutes les autres luttes que le peuple kabyle a initiés et a menés, sauf si ce dernier ne s’écarte pas de l’objectif d’émancipation de la tutelle de l’état coloniale algérien.

L’URK France souhaite que les Kabyles qui participent à cette révolte contre le système dictatorial le fassent au nom du Peuple kabyle qui aspire à sa liberté. La commémoration du 20 avril reste un évènement important de notre lutte, la participation de tous les Kabyles est une condition sine qua non pour libérer notre patrie de la domination arabe. Seule une Kabylie libre et indépendante pourra nous assurer le bonheur et la prospérité.

URK France 6 avril 2019