Appel ouvert aux associations amazighes et ONG des Droits de l’Homme

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Appel ouvert aux associations amazighes et ONG des Droits de l’Homme
Assemblée Mondiale Amazighe

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L’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) sollicite les ONG et associations qui souhaitent se joindre à la correspondance qui sera adressée la semaine prochaine officiellement aux ministres des Affaires étrangères de certains pays. Le courrier sera d’abord envoyé aux instances diplomatiques des pays qui comptent des communautés amazighes importantes: la France, l’Espagne, la Belgique, les Pays Bas, Allemagne, Angleterre, l’Italie et le Portugal.  Suivront ensuite les pays suivants : USA, Canada, Suisse, Norvège, Danemark, Suède et la Finlande.

Les ONG et associations qui souhaitent s’adjoindre encore à cette initiative sont toujours les bienvenues et il suffit juste envoyer leur accord à cette l’adresse email de l’Assemblée Mondiale Amazighe :  [email protected]

Ci-dessous  le contenu de la correspondance de certains ministres:

Au ministre allemand:

A Son Excellence M. Heiko MAAS,

Ministre fédéral des Affaires étrangères

de la République Fédérale d’Allemagne

Objet : Droits des Amazighs et la discrimination raciale à leurs encontre.

Monsieur Le Ministre,                       

Eu égard aux constats alarmants de la violation des droits des Amazighs, nous venons attirer votre attention sur trois questions essentielles à savoir :

  1. Les nouveaux droits des Amazighs ;
  2. La libération des prisonniers politiques du Hirak du Rif et du Hirak d’Algérie;
  3. La persistance de la discrimination raciale à l’encontre de tous les Amazighs.

1- Les nouveaux droits des Amazighs :

Les Constitutions du Royaume du Maroc et de la République d’Algérie ont reconnu l’officialité de la langue amazighe, respectivement en 2011 et 2016. Ainsi, au Maroc  la loi organique N° 26.16, votée à l’unanimité par les deux chambres du parlement, concernant la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, est entrée officiellement en vigueur, après sa publication au Bulletin Officiel, le 26 septembre dernier.

De ce fait, nous vous prions de bien vouloir, primo, de faire traduire en amazighe et écrire en graphie tifinagh  tous vos écriteaux et vos plaques de signalisation de vos institutions diplomatiques se trouvant sur le sol nord-africain (ambassades, départements consulaires et centres culturels) et, segundo, d’inclure la langue amazighe dans tous les programmes de conventions bilatérales que vos différents gouvernements ont signé avec les pays d’Afrique du Nord, notamment les accords bilatéraux concernant les « Enseignements de Langue et de Culture d’Origine (ELCO) », mis en œuvre sur la base d’une directive européenne du 25 juillet 1977 visant à la scolarisation des enfants des travailleurs migrants.

Ces programmes n’ont en effet, jamais donné les résultats escomptés parce qu’ils ne prennent pas en compte des langues maternelles des pays d’origine d’Afrique du Nord, faisant fi des recommandations de l’UNESCO.

Pour information, la grande majorité des résident(e)s et citoyen(ne)s allemands issus d’Afrique du Nord et du Sahel ne parle pas la langue arabe classique, mais plutôt les différentes variantes de la langue amazighe : kabyle, tachelhit, tamazight, tarifit, tamzabit, tamachekt, darija … Néanmoins cette langue amazighe millénaire, exclue des programmes ELCO, véhicule sans équivoque, les mêmes valeurs sociétales de liberté, d’égalité et de démocratie que celles de la République allemande.

2- La libération des détenus des Hiraks du Rif et d’Algérie :

En ce qui concerne les graves événements du Mouvement populaire du Rif, au nord du Maroc, connu sous le nom de « Hirak du Rif », qui ont eu lieu en 2017/2967, nous tenons à vous rappeler que les autorités marocaines ont malheureusement privilégié une attitude sécuritaire et répressive excessive, condamnant des jeunes à des peines de prison allant jusqu’à vingt ans pour avoir osé, pacifiquement, manifester et revendiquer des droits économiques et sociaux, tels que la construction d’un hôpital spécialisé en traitements oncologiques.

De même, depuis le déclenchement de la contestation populaire et pacifique en Algérie le 22 février 2019, les autorités algériennes n’ont pas cessé de violer les droits humains en poursuivant arbitrairement les  militants et les journalistes.

En temps d’expansion de la pandémie du coronavirus, alors que les Nations Unies et la Haut-Commissaire aux droits humains demandaient la libération des prisonniers, les autorités algériennes et marocaines se sont obstinés à ignorer ces recommandations. L’Algérie a continuée à réduire au silence les militants et les journalistes, par des procès expéditifs et arbitraires. Selon Amnesty International, juste qu’entre le 7 mars et le 13 avril 2020, dans six villes en Algérie, au moins 20 militants ont été convoqués, pour être interrogés par la police, ou interpellés et placés en détention provisoire, ou condamnés pour des accusations découlant de l’exercice de leurs droits à la liberté d’expression ou de réunions pacifiques. Des procès contre des militants qui ne font que réclamer des réformes démocratiques en faveur d’un état civil de droits. Sans oublier les détenus mozabites et l’assassinat politique de Dr. Kameleddine Fekhar.

Aussi, nous vous demandons de bien vouloir vous saisir d’urgence de ces affaires, au vu des injustices que vivent au quotidien les jeunes des Hiraks du Rif et d’Algérie incarcérés dans les différentes prisons… Nous vous prions également de bien vouloir prendre position contre cette dérive autoritaire et répressive indigne des gouvernements marocain et algérien, en les exhortant à procéder à la libération immédiate, et sans conditions, de tous les détenus politiques, eu égard aux accords de coopération marocco-allemands et algéro-allemands, et plus particulièrement, l’accord d’association entre l’Union Européenne et les pays d’Afrique du Nord. Tous ces accords ont pour objectifs fondamentaux la promotion effective de la démocratie et le respect des droits de l’Homme, comme le stipule le passage ci-après: « Le respect des principes démocratiques et droits fondamentaux de l’Homme, tels qu’énoncés dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, inspire les politiques internes et internationales de la communauté et du Maroc, et d’Algérie, et constitue un élément essentiel du présent accord».

3- Le respect de l’identité historique de toute l’Afrique du Nord en rectifiant les appellations discriminatoires de « Maghreb Arabe » et de « printemps arabe ».

Vos diplomates et chaines de radios et télévisions officielles ne cessent d’utiliser la dénomination de « Maghreb arabe » et « Printemps arabe » en vous assurant que “Le Maghreb n’a jamais été arabe, et il ne le sera plus jamais à l’avenir“. Surtout depuis la découverte mondiale que l’homo sapiens le plus vieux du monde, découvert désormais, au Maroc, à 70 km de Marrakech, à « Adrar n Ighoud » (ou « Djebel Irhoud ») datant de plus ou moins de 315 mille ans, et qui est, en fin de compte, l’ancêtre des Amazighs (Africains), des Arabes (Asiatiques), des Allemands (Européens) et de tous les peuples du monde!

Nous souhaiterions que vos diplomates et journalistes respectent de manière déontologique le principe essentiel de « vérité »et rien que la vérité, en misant toujours en faveur de la vérité historique etde la vérité scientifique. En effet, toutes les dernières découvertes archéologiques et toutes les conclusions des différentes disciplines scientifiques attestent que presque toutes les populations actuelles d’Afrique du Nord, qu’elles soient marocaines, algériennes, tunisiennes, libyennes, égyptiennes, mauritaniennes, canariennes et touarègues, sont toutes d’origine « Amazighe ».

Il est incohérent de continuer à utiliser des terminologies idéologiques, qui ne fait que promouvoir le « nationalisme arabo-salafiste » politique autoritaire, violent et décadent au détriment de l’objectivité scientifique et de la vérité historique, utilisant de fausses terminologies telles que « Maghreb arabe » ou « printemps arabe », et qui ne font que blesser profondément les sentiments, la sensibilité, l’identité et la fierté des millions de citoyennes et citoyens originaires du sud de la Méditerranée, et ceux de vos propres compatriotes d’origine nord-africaine. En effet, il est plus correct d’utiliser la terminologie en lien avec les composantes historiques de l’identité des populations de la région septentrional de l’Afrique («Afrique du Nord»,  «printemps démocratique des peuples»…). Un printemps des peuples qui a commencé avec la révolution tunisienne de jasmin en décembre 2010, suivi par celle du 17 Février 2011 en Libye, du 20  Février au Maroc, et du 25 Février en Egypte, et tout récemment celle du Hirak d’Algérie de 22 Février 2019, toutes en terre d’Afrique du Nord, qu’on dénomme « Tamazgha ».

En espérant avoir attiré votre attention et vous conduire à vous pencher consciencieusement sur ces requêtes, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération fort distinguée.

1 COMMENTAIRE

  1. Vous ne parlez pas de l’indépendance de la Kabylie pourtant tant demandée ?
    Même pas de son autonomie!
    Vous consommez des somnifère étatiques?
    On croit rêver!

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