Comment rendre Tamazight intéressante?

Comment rendre Tamazight intéressante?

Je laisse le débat de la transcription de cette langue aux politiciens véreux qui voudraient juste barrer la route au lieu de montrer un chemin à suivre.

J'ai assisté à un cours de langue Tamazight dans un collège de Tizi-Ouzou. L'enseignante, résolument amoureuse de la langue et de la culture Tamazight, entreprend ( comme elle le fait à chaque cours) de sauver quelques mots et objets de l'oubli dans lequel ils étaient déjà tombés depuis de longues années. La démarche était celle là: Poser des hypothèses de sens à partir du titre d'un texte ou d'un questionnement préalablement préparé par elle-même. Puis interroger les apprenants pour pénétrer le texte support, en vue des activités grammaticales à venir.

Le texte, sans connecteurs temporels, décrivait comment, avec des battoirs nos grand-mères lavaient la laine dans les lavoirs publics d'antan. S'en suivirent des mots rébarbatifs: le cardage, le filage, le rouet, le métier à tisser jusqu'à la fabrication du prestigieux burnous. Fastidieux. Inintéressant. Rasant. Et surtout inutile. Parce que, de ces mots, au vécu de l'enfant, il y a un gouffre.

Ce qui rend moins attractif l'enseignement de Tamazight, c'est l'absence d'une stratégie de motivation. C'est le besoin d'enseigner un monde ancien sous prétexte de faire survivre une langue et une culture en danger de disparition. Parce qu'une enseignante de langue n'est pas une historienne et n'enseigne pas l'histoire de l'antiquité, elle doit accepter que des objets meurent et que les choses qu'ils désignent meurent avec eux.

Pour rendre Tamazight intéressante, il faut augmenter les aptitudes et les motivations des enfants et pour cela, libérer la parole pour être au plus prêt de leur vécu immédiat. Pour leur permettre de dire leurs besoins, d'exprimer leurs pensées, d'établir une relation avec autrui. Parce que, dans la démarche de beaucoup d'enseignants, aucun souci des besoins courants des apprenants n'apparaît. Capter l'attention et l'intérêt des enfants, s'adresser à eux sur des sujets qui les passionnent, leur faire acquérir des expressions de la vie quotidienne, permet un apprentissage plus aisé et plus rapide.

Une langue vit du contexte. En contexte. Certes elle a aussi a une Histoire, la langue Tamazight. Mais l'efficacité de son enseignement doit suivre la démarche que nous impose le progrès. La mondialisation impose une perte à toutes les langues. Et à toutes les civilisations. Pendant que des mots et des concepts nouveaux prennent toute leur place dans la vie des gens et dans les dictionnaires : mail, biodégradable, marketing, micro-informatique... Enseigner un monde passé et dépassé, non compris par les générations actuelles est une fausse tentative de se réapproprier et transmettre un patrimoine culturel et linguistique en déperdition. Le monde change. La manière de le voir, de l'appréhender et de l'étudier doit changer aussi.

Commentaires

Soumis par Meziane Tiliwin (non vérifié) mer 07/03/2018 - 11:11

Je rejoins l'auteure pour souligner l'importance de rendre Tamazight intéressante pour l'apprentissage. Pour cela, en plus d'aborder des sujets qui intéressent les apprenants et qui sont en relation avec leur vie quotidienne, il faudrait donner aux apprenants les bases qui leur permettraient de lire et écrire convenablement dans leur langue. Je pense à la formation des mots, prononciation, les relations sémantique entre les mots (synonymie, antonymie, ...), structure des phrases, ponctuation, et comment utiliser un dictionnaire.
Il faudrait aussi des ressources pour accompagner cet apprentissage tels que des dictionnaires adaptés au niveau (primaire, collège, etc..) et des livres interessants à lire, adaptés au niveau aussi.
On pourra alors encourager la lecture dans sa propre langue, une activité formative et bénefique pour tout le monde.

Soumis par Mestafa (non vérifié) mer 07/03/2018 - 13:13

La pertinence de votre article est à saluer. C'est cela qui va contribuer à terme à tenir un discours 100% en tamazight dans la vie courante d'aujourd'hui et rendre vivante cette belle langue.
Merci

Soumis par DaKaci (non vérifié) jeu 08/03/2018 - 02:12

Demander aux autres peuples comment ils ont fait pour sauvegarder et aider leur langue a s'epanouir. Votre constat n'as pas de suite car vous voulez poser des conditions d'utilisations et d'avenir a votre propre langue. Ridicule n'est ce pas ? On ne marchande pas avec sa propre langue millenaire. La seule facon de la rendre "interessante et utilisable au jour le jour " notre langue Kabyle , c'est de battre les ennemis des Kabyles, ceux la meme qui entravent a son epanouissement et qui font tout pour rendre la langue Kabyle "pas interessante du tout "

Soumis par Katia Bouaziz sam 10/03/2018 - 21:28

En réponse à par DaKaci (non vérifié)

L'enseignement de Tamazight a besoin de techniques et d'outils pédagogiques et des pratiques adaptées. L'expérience rapportée montre l'insuffisance de formation de l'enseignante. Certes il n'y a pas de recettes miracle pour enseigner une langue. Il ya des stratégies, des pratiques de classe à mettre en place. Vous n'êtes pas enseignant Mr Dakaci. L'écrit ne cherche pas à "poser des conditions d'utilisation" de la langue Tamazight. Tanmirt.

Soumis par DaKaci (non vérifié) dim 11/03/2018 - 00:07

En réponse à par Katia Bouaziz

Quand vous aurez la liberte d'enseigner votre langue, les techniques et methodes pedagogiques seront une futilite. Vous n'avez pas compris mon message. Tout est faconne en Algerie pour empecher l'epanouissemnt de la langue Kabyle ou Tamazight. On ne peut etre pedagogue quand on ne vous paye pas votre salaire regulierement, vivez avec vos parents et miserablement au jour le jour, harasser par les gens qui vous controllent d'en haut ou vivant dans l'insecurite la plus totale surtout si vous etes une femme comme vous. On ne peut utiliser des methodes et des moyens technologiques avances comme le font les Europeens ( Presentation Power point , programmes informatiques d'enhancement des lectures,.. et autres ) quand un ordinateur portable coute les yeux de la tete et que les ecoles n'ont pas un seul laboratoire de langues avec moyen audio visuels.
Je ne suis pas enseignant mais je connais ce domaine.

Soumis par Damohand (non vérifié) jeu 08/03/2018 - 13:13

Déjà, en Kabylie, une très grande majorité n 'ecrivent pas et ne lisent pas Tamazight. Donc, Il faut trouver les actions nécessaires pour cette population s'y mettent à cette dans la pratique de l'écrit et de la locution.

Soumis par Anonyme (non vérifié) sam 10/03/2018 - 13:26

Si le site K.com se transforme en site Tamazight (berbère du Maroc), alors je considère ne plus rien avoir à y faire. Moi c'est Takbaylit. Vous vous égarez.

Soumis par Tamagit (non vérifié) dim 11/03/2018 - 19:30

En réponse à par Anonyme (non vérifié)

"Takbaylit" c'est pas Tamazight? C'est du chinois alors?
Depuis la nuit des temps, notre langue s'appelle Tamazight. Quelque soit la variante géographique.
Il faut arrêter d'appeler notre langue avec des mots étranger péjoratifs assignés par les colons, que ce soit berbère (etym.: barbare) ou kabyle/taqvaylit (etym.: de l'arabe "qabaïl"=tribus).
Un peuple digne ne doit pas accepter de se faire appeler par un nom colonial, surtout qu'il a son propre nom dans sa propre langue.
Bravo à l'auteure qui emploie le mot Tamazight de manière cohérente tout au long de son texte.

Soumis par dađa (non vérifié) dim 11/03/2018 - 15:43

ça ne marchera pas, le pays etait et sera toujour ainsi, en kabyle ou en arabe, c'est la meme racaille mentale !

Soumis par Anonyme (non vérifié) dim 11/03/2018 - 15:57

pourquoi vous ne commencez pas á ecrire en kabyle ds ce site meme, puisque c est site kabyle. cela est une preuve q en realité personn ou peu ne s interessent a cette langue, on a toujour cette habitude de l'assisté, á attendre á etre servie et consommer. ça ete toujour ainsi, des slogans creux, des revendications sans base populaire reelle. le system est mal barré. peu etre une autre generation parviendra a le faire ; )
tanmirt

Soumis par Anonyme (non vérifié) dim 11/03/2018 - 16:00

quel amour du kabyle me parlez vous lorsque ce site kabyle et d autres enrichissent d autres langue apart celle qu ils pretendent defendre. there is no common sens here .

Soumis par Tamagit (non vérifié) dim 11/03/2018 - 19:43

Azul!

C'est vrai qu'il faut aussi toucher aux thèmes contemporains dans l' enseignement de Tamazight, mais je n'irai pas jusqu'à exclure des sujets historiques, traditionnels ou campagnards. Je pense que cela pourrait être intéressant et instructif de savoir comment un "burnous" est fabriqué, surtout si ce savoir est bien présenté. Encore mieux si l'on peut visiter un lieu où l'on prépare encore cet habit symbolique avec des techniques traditionnelles. De même que apprendre comment sont construites les maisons amazighes anciennes.

Soumis par Amziane (non vérifié) dim 11/03/2018 - 19:47

@Katia Bouaziz
Azul Katia,
nous c'est Takbaylit. Tamazight = berbère du Maroc. Halte aux amalgames. Je n'ai rien contre nos voisins, fussent-ils Tamazight, mais en tant que kabyle et imazighen (homme libre), je ne rêve pas de voir un jour la kabylie rattachée au royaume du maroc. Alors, s'il vous plaît lorsque vous voulez parler de notre langue dites "Takbaylit". Les kabyles cherchent à fuir une dictature arabo-islamiste, certainement pas pour se jeter dans les bras d'une monarchie arabo-wahabbite.

Soumis par Tamagit (non vérifié) dim 11/03/2018 - 22:02

En réponse à par Amziane (non vérifié)

Depuis la nuit des temps, notre langue s'appelle Tamazight. Quelque soit la variante géographique.
Il faut arrêter d'appeler notre langue avec des mots étranger péjoratifs assignés par les colons, que ce soit berbère (etym.: barbare) ou kabyle/taqvaylit (etym.: de l'arabe "qabaïl"=tribus).
Un peuple digne ne doit pas accepter de se faire appeler par un nom colonial, surtout qu'il a son propre nom dans sa propre langue.
Bravo à l'auteure qui emploie le mot Tamazight de manière cohérente tout au long de son texte pour désigner la langue de Mammeri.

P.S.: Qu'est ce que c'est que ce "Takbaylit", mal 'ecrit avec un "k" au lieu de "q" et un "b" au lieu de "v". Moi je suis de Tizi Ouzou, je suis amazigh et je parle Tamazight, la langue de Mammeri. C'est archi-faux que "Tamazight=berbère du Maroc". On l'appelle Tamazight du Moyen Atlas ce qui est parlé dans le Sud-Est du Maroc.

Soumis par DaKaci (non vérifié) mar 13/03/2018 - 02:33

En réponse à par Tamagit (non vérifié)

Arrêtez de répéter ce mensonge car il est presque devenu vérité : le mot Kabyle ne vient pas de l'arabe Kabila . Takvailit n'existe pas en arabe! C'est juste une phonétique approche qui a été exploitée par les Arabes. Sheakspeare viendrait il de l'arabe Cheik sfire (Cheick Zoubir)?

Soumis par Anonyme (non vérifié) mer 14/03/2018 - 05:21

En réponse à par DaKaci (non vérifié)

Avant 1830, pendant la période Turque et le Moyen âge, les populations de Djerdjer et un partie de Bgayet ne s'appellaient pas Kabyles, mais, Izwawen ou Zwawa par les arabophones. La preuve est dans le livre de l'historien des Berbères le Grand Ibn Khaldun, ainsi que dans tous les livres des historiens Arabes du moyen âge, comme Ibn Hazm Al Andalusi ou Al Idrissi. Il n' y aucun livre d'histoire Arabe ou occidental qui affirme l'existence de l’appellation Kabyles avant 1830. Ce sont les militaires Français qui sont les premiers à donner ce nom aux susdites populations. Il l'ont pris des populations arabophones qui appelaient les populations susmentionnées Qabylète Zwawa , ou قبيلة زواوة en arabe, car, elles étaient socialement organisées en qabyla qui signifie tribu en arabe. Mais comme, le nom Qabylet Zwawa est long et difficile à prononcer par ces Français, ils ont supprimé Zwawa et laissé Qabylète en le déformant à Kabyle. Ce qu'il fallait démontrer. E je défie quiconque de prouver l'appellation des zwawa par Kabyle avant 1830.

Soumis par Amazigh1980 (non vérifié) ven 16/03/2018 - 13:25

En réponse à par Anonyme (non vérifié)

Igawawen (agwawaw au singulier) est le nom que se donnent les habitants des montagnes du Djurdjura. Pas azwaw/izwawen qui est la version arabe (reprise par les francais, qui en ont même dérivé le mot zouave), et qu'il faudrait cesser d'utiliser.

Le mot Kabyle , a été attribué par les Turcs, donc avant 1930. En langue turque, ce mot veut dire "tribu" comme en arabe. C'est en fait un mot arabe que les turcs ont adopté dans leur langue.

En tout les cas, le plus important à retenir est que ce mot "kabyle" est étranger à notre langue et assigné par des étrangers. Alors que depuis la nuit des temps, nous avons notre propre mot de notre langue pour nous désigner comme peuple: AMAZIGH.

Soumis par Amazigh1980 (non vérifié) ven 16/03/2018 - 13:43

En réponse à par DaKaci (non vérifié)

Kabyle est un mot étranger assigné par des étrangers, que ce soit arabe, turc ou français.
Le fait que l'on adapte sa morphologie de "qabayli" à "aqvayli" ou de "qbayliya" à "taqvaylit", ou de "qabaïl" à "iqvayliyen" ne change pas le fond de la chose: c'est un mot ETRANGER qui a été assigné à notre peuple par des ETRANGERS!

Pour préserver notre dignité comme peuple, il est impératif de nous nommer à nous mêmes amazigh/tamazight/imazighen comme l'ont fait nos ancêtres depuis des milliers d'années.

Soumis par Takitount (non vérifié) ven 16/03/2018 - 08:03

Bonjour Katia,
Si vous vous considérez Tamazight, ce qui est votre droit, tout comme vous avez parfaitement le droit de vous décolorer en fausse blonde, bien qu'on vous a quand même reconnue, vous n'avez qu'à vous installer à Marrakech comme ça vous pourrez faire la danse du ventre sur la place Jamaa el Fna, ils sont là-bas les Tamazight ! Nous c'est Taqbaylit !
Tamazight = berbère du Maroc.

Pour avoir accès aux commentaires. Connectez-vous en tant que membre.