Gwenn Ha Du

Les origines de la France et de la Bretagne : des contes pour enfants attardés. Bretagne vieille nation, France, nation tardive, qui n’existe en tant que telle qu’à partir du 13ème siècle.

La France n’est pas née du fond des âges – comme le croyait le général de Gaule -;  ses origines sont infiniment plus modestes et plus tardives.

Contrairement à ce que les Français ont voulu faire accroire, depuis qu’ils se sont emparés de tous les pouvoirs en Bretagne (dans les faits, depuis la mort d’Anne de Bretagne, en 1514), surtout depuis qu’ils ont accaparé, pour eux seuls, la prérogative de faire les carrières, de peser sur les consciences, d’enseigner leur vérité, sans contradiction possible – c’est à dire depuis la révolution des doigts de l’homme -, d’interdire leurs langues et leurs cultures, de détruire leurs institutions ancestrales, la Bretagne n’a jamais été subordonnée au royaume de France ; elle n’a jamais été un «fief» de la France, concédé par le roi de France aux Bretons. Pas plus que les Écossais, les Irlandais, les Gallois, les Catalans, les Tibétains, les Kabyles, les Ouïghours, les Sahraouis, et bien d’autres peuples, n’ont dû ni leur territoire, ni leur langue, ni leur existence nationale aux Anglais, aux Chinois, aux Marocains.

Les Bretons n’ont dû leur existence nationale qu’à eux mêmes, en aucun cas à leurs ennemis français. Ces contes pour enfants attardés, qui ont valeur de loi universelle lorsqu’il s’agit d’asservir les nations les plus faibles, sont inventés par les agresseurs, qui, ayant envahi par la force des territoires qui ne leur appartiennent pas, deviennent ensuite des «occupants», et le restent, lorsqu’ils n’ont pas réussi à éliminer physiquement les populations qui, elles, peuplent d’une manière légitime leur pays.

La Bretagne s’est constituée – comme les autres nations -, par ses vertus propres, par ses chefs (les «Ducs »), par son peuple, par les populations qui se sont agglutinées à elle au cours des siècles, par les combats incessants que les Bretons ont dû mener tout au long des siècles pour conserver leur territoire et leur identité, contre les Anglais, contre les Français surtout.

Le peuple breton est identifié en tant que tel, dès l’antiquité, par Jules César et d’autres auteurs. Fractionnée, envahie, elle a subi les mêmes malheurs que le peuples voisins. A partir du 13ème siècle – comme les autres grandes principautés Européennes, ni plus, ni moins – la Bretagne s’est « centralisée » politiquement peu à peu, c’est à dire a constitué un véritable État autour du chef suprême, le «DUX», et de son gouvernement.

Le vol d’un territoire par le pays le plus fort aux dépens du plus faible n’est rien d’autre qu’un vol. Les complices de ce vol, fussent-ils appointés par de grasses prébendes, ne sont jamais que ce qu’ils sont : méprisés et méprisables. Et un vol de cette nature ne crée qu’un seul effet juridique : être expulsé, et très sévèrement puni.


Écrit en 2014 par Louis Mélennec.

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