Manifeste de l'Union pour une République Kabyle

Manifeste de l'Union pour une République Kabyle

Tagduda Taqvaylit - Tagduda Taqvaylit - Union pour une République Kabyle (URK) (URK)

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

La lutte de la Kabylie pour sa liberté est arrivée à maturité. Notre existence en tant que peuple dans le concert des Nations est la condition sine qua non de la permanence de notre kabylité. A ce stade de notre lutte, une mutation qualitative nous interpelle et nous force à explorer de nouvelles formes de combat plus modernes et plus efficaces. Ce sursaut  se réalisera  avec l’engagement massif du peuple kabyle. La contribution sans contrainte de chacun est le gage de notre affranchissement. Aucune énergie positive ne doit être négligée ou neutralisée. Notre but stratégique, l’indépendance de la Kabylie, doit être clairement exprimé. Sur ce chemin, si difficile, tout espace acquis, où notre souveraineté exclusive pourrait s’exercer, sera exploité et capitalisé à l’avantage de notre idéal.

L’aspiration à l’indépendance de la Kabylie, est le fruit d’un long processus de conscientisation d’appartenance à une nation, entamée depuis le XIXe siècle et accélérée par l’épisode des mouvements citoyens et politiques kabyles. Le malaise grandissant de la société kabyle dans l’Algérie arabo-islamiste, et son incapacité à faire évoluer le système algérien de l’intérieur, s’est soldé par un fleuve de sang puis par l’interruption définitive de l’expérience algérienne de la Kabylie. Notre aspiration à l’indépendance est loin d’être une revendication conjoncturelle d’une minorité de désœuvrés animée par un nationalisme ethnique ou exclusif. Elle est l’expression d’un peuple millénaire qui n’a d’autre choix que de bâtir son propre Etat pour vivre libre et digne. C’est une réponse cinglante à la guerre sale que l’Algérie a déclaré à la Kabylie. Ce bras de fer, aussi long soit-il, nous le gagnerons. La Kabylie finira par faire plier le pouvoir algérien.

De nos jours, se libérer exige plus que le courage. Cela requiert, en plus de la maitrise des outils de communication et de mobilisation par les réseaux sociaux – outils incomparables de résistance devenus le cauchemar des dictateurs -, l’émergence du nous au détriment du je, enjeu des duels peuple/pouvoir qui ont vu triompher, par la rue, les causes justes. Cette pratique moderne au succès fulgurant prouve que le mode opératoire des Kabyles, c’est-à-dire la collégialité et la concertation dans la prise de décisions est un choix immuable qu’il faut impérativement revaloriser pour venir à bout du cauchemar algérien. A la remarquable pratique politique horizontale propre à la Kabylie, le pacifisme est une autre valeur sûre qui caractérise notre combat. Aujourd’hui, on sait que le recours à la guerre et son corollaire la violence pourrait, dans le meilleur des cas, aboutir à la libération d’un territoire donné au prix de plusieurs vies humaines. Mais ce même territoire pourrait être vite récupéré par l’ennemi, surtout si on est  en face d’une armée régulière. Par contre, un individu libéré dans sa tête de l’asservissement et du despotisme est inaccessible à toute politique assimilationniste ou d’instrumentalisation politique. Par ailleurs, avant de penser à libérer notre espace géographique, libérons-nous d’abord dans nos têtes ! Cela suppose qu’il nous faudrait vaincre nos peurs et surmonter nos craintes sans sombrer dans l’aventurisme politique. Si notre liberté n’a pas de prix, nos vies et celles de nos enfants ne sont pas négociables.

Dans un second temps, nous devons arriver à imposer non seulement notre volonté de vivre avec notre langue et notre culture mais aussi de pouvoir développer notre économie en privilégiant des projets concrets sur le terrain. C’est ainsi que nous donnerons à la Kabylie toutes ses chances de réussir sa révolution pacifique vers sa souveraineté. Notre idéal doit être placé au-delà de toutes considérations de personnes ou de groupes. La construction réelle d’une République kabyle est notre droit inaliénable consacré par les traités internationaux et par la Charte des Nations unies relatives aux droits des peuples à leur autodétermination. Forts de cette légitimité et tenant compte de l’impérieuse réalité du terrain et de notre réalité sociale, nous, signataires de ce document fondateur, appelons les Kabyles à nous rejoindre pour tenir un congrès constitutif de l’Union pour une République kabyle (URK).

Ensemble, nous serons plus forts et très motivés pour la mise sur pied, sur le terrain, de la République kabyle. Inutile d’attendre la providence ou l’aide des Etats étrangers pour nous rétablir dans notre droit sur notre territoire. Seule la mobilisation de notre peuple contre le régime colonial algérien créera la rupture nécessaire qui fera bouger les lignes. Si nous n’arrivons pas à relever ce défi, notre futur sera sérieusement hypothéqué. On devine le scénario glaçant que l’Algérie coloniale nous réserve : elle s’emparera de notre histoire et de notre culture pour les faire disparaître à jamais.

Chers compatriotes, l’heure est grave. La Kabylie se désintègre pendant que l’Algérie concrétise progressivement ses plans macabres. Le sabotage économique y est ouvertement exécuté par les plus hautes autorités algériennes pour aggraver la misère sociale et bâillonner tout changement démocratique. Sur le plan religieux, l’arabisation côtoie un salafisme épouvantable. Pourtant la Kabylie n’a de leçon à recevoir de personne, ni d’aucune autre tutelle étrangère. Nos ancêtres avaient bien compris que si le religieux contribuait, d’un coté, à établir un équilibre psychique devant les questions existentielles, tels que la vie, la mort et l’au-delà, d’un autre côté, il empiétait sans cesse sur l’espace démocratique et laïc. Devant cette dualité, qui a défiguré bien des nations, le génie kabyle avait triomphé. Sans heurts ni violence, la Kabylie a gardé sa cohésion sociale en privilégiant la laïcité et la liberté de culte et de conscience. C’est cette spiritualité exemplaire que la Kabylie doit retrouver  pour faire barrage aux fanatiques étrangers à notre société. Libérée du dogmatisme colonial et réducteur de l’arabo-islamisme, elle puisera dans ses valeurs ancestrales pour fonder une République résolument laïque et tourner vers l’avenir. Une République qui consacrera le respect des Droits Humains, sans distinction de sexe, de race, de langue ou de religion et garantira la liberté de conscience et la liberté de culte. Nous sommes conscients du degré de destruction de notre organisation sociopolitique exécutée successivement par la France coloniale et puis par le colonialisme arabo-islamique algérien. Néanmoins, les ressorts nécessaires à son rétablissement demeurent intacts. Il nous appartient de les actualiser et de les réactiver

Ensemble, nous relèverons ce défi. Notre jeunesse, déterminée à assumer ses responsabilités devant l’Histoire, saura distinguer le bon grain de l’ivraie. Elle sait d’ores et déjà qu’un militant sincère, est celui qui se bat pour un idéal qu’il place au-dessus de toute considération personnelle. C’est cet esprit kabyle qui fait que nos militants soient à l’origine de l’extraordinaire vitalité démocratique qui caractérise notre pays. Les Femmes kabyles ont toujours été de tous les combats dans notre Histoire. Leur implication dans tous les domaines est une urgence vitale. Ne dit-on pas que la femme est un être dont l’humanité entière ne peut s’en détacher. L’Algérie arabo-islamiste déploie tous ses moyens pour imposer un statut de mineure à nos femmes et effacer leur l’identité. L’Union pour la République kabyle les encourage à participer au même titre que les hommes à la reconstruction de la Kabylie en contribuant par leur créativité débordante et leur discernement. Notre devoir à tous et à toutes est de veiller scrupuleusement à ce que les bases d’une nation libre, démocratique, laïque, sociale et ouverte au monde soient engagées, respectées et garanties. Nous luttons pour aider la Kabylie à changer de destin et non de maître.

Notre but stratégique est certes l’indépendance de la Kabylie. Pour y parvenir nous devons mener à terme le travail de sensibilisation et de mobilisation du peuple kabyle jusqu’à créer un véritable rapport de force, seul critère convaincant et contraignant qui pourra fléchir l’état colonial algérien. Sur le plan international, Cette force politique nous donnera la légitimité nécessaire pour passer outre le gouvernement algérien et faire appel aux instances internationales. Par contre, la violence nous la rejetons catégoriquement. Elle est la seule arme que le pouvoir algérien maîtrise le mieux. Il pourra la retourner contre nous, comme le font toutes les dictatures du monde entier. C’est pourquoi nous considérons que le seul moyen de concrétiser notre but est la lutte pacifique et responsable.

Notre source de légitimité est d’un côté le droit international et de l’autre côté le degré de mobilisation du peuple kabyle pour sa liberté. Nous restons ouverts au dialogue et à la concertation avec tous les Kabyles notamment ceux qui ont opté pour d’autres voies politiques. Nous ne devons jamais rompre le dialogue avec ceux qui pensent différemment, afin de préserver l’avenir et de trouver un terrain favorables aux actions communes. Il y va de l’avenir immédiat de la Kabylie. Nous venons de voir avec la pseudo-officialisation de tamazight que l’Algérie entretient des liens toxiques avec la Kabylie et que plus ça change, plus l’arabo-islamisme gagne du terrain. Nous devons cesser de nous dresser contre nous-mêmes. L’ennemi des Kabyles, quelle que soit leur tendance, a toujours été l’Etat colonial algérien et les Kabyles qu’il instrumentalise.

Il est fait appel à notre sens de responsabilité. L’engagement de chacun est la seule garantie pour la construction de notre République. Son objectif, ses valeurs, ses règles et ses statuts doivent être clairement définis lors des séminaires prochains pour éviter toutes interprétations malveillantes. D’ores et déjà, voici quelques orientations essentielles :

    – L’unité autour d’un idéal commun
    – Démocratie et transparence
    – Rejet de la violence sous toutes ses formes
    – Direction collégiale
    – Consolider la cohésion de la société kabyle
    – Bâtir l’Etat kabyle

L’unité autour d’un idéal: Depuis un siècle et demi, la Kabylie cherche à se réaliser dans ce qu’elle est et ce qu’elle ambitionne de devenir. Malheureusement l’expérience de ces dernières années nous a plongé dans une profonde crise de confiance. Nous apprenons à nos dépens qu’il ne suffit pas d’user d’un vocabulaire démocrate pour être réellement démocrate. C’est dans les faits qu’on l’est ou qu’on ne l’est pas. Notre société, nous la voulons démocratique, sociale et laïque. On ne peut se permettre de piétiner ces principes sans porter atteinte à notre idéal. Pour la pérennité de notre lutte, celle-ci ne doit pas cesser avec la disparition de nos leaders. Elle ne peut être hypothéquée et encore moins associée au destin d’une personne. Notre idéal doit survivre aux Hommes et en être une protection imparable à la folie des leaders qui seraient obnubilés par le pouvoir. La Kabylie est aujourd’hui fière d’avoir cru à son idéal. Elle confirme son attachement à la démocratie et  rejette l’autoritarisme à chaque épreuve que le destin lui impose. Le pouvoir personnel, à l’origine du malheur de nos frères africains, doit être banni de la Kabylie.

Direction – Gouvernance collégiale : Comme tous les peuples attachés à la démocratie, le meilleur d’entre nous ne fait qu’appliquer les décisions prises par la majorité, après avoir, bien entendu, eu le droit de faire valoir ses opinions. Une direction contrôlée par une structure élue garantit une grande impartialité dans les décisions politiques. Soumettre la fonction présidentielle à un Conseil, constitué de personnes intègres et élues, renforcera la confiance et les liens entre militants et leur direction. D’autre part, un Conseil des Sages est indispensable pour arbitrer les conflits et instaurer la discipline au sein du Mouvement. C’est cette déontologie qui instaurera la cohésion parmi les militants et imposera le respect des institutions. Toute décision unilatérale sera caduque et aucun dirigeant ni militant n’est habilité à négocier seul avec Alger ou avec une tutelle étrangère. Toute approche, toute proposition, qui engagerait le destin de la Kabylie, doit être soumise à tous les membres du collège et transmise au Conseil National pour décision définitive. Un individu peut se tromper, céder à la tentation, être soudoyé, mais personne ne peut corrompre tout un peuple.

Démocratie et transparence : Notre pratique de la démocratie est aussi vieille que celle de la Grèce antique. Le respect de la volonté de la majorité est un principe sacré des sociétés modernes. Ce principe cimente la société kabyle et la protège des erreurs de décision inhérente à l’Homme. On ne peut sacrifier la démocratie pour un peu de sécurité. La Kabylie n’a pas attendu la mondialisation ni les réseaux sociaux pour pratiquer la démocratie participative et nous serons mal inspirés de nous replier sur nous-mêmes dans un monde globalisé où même de petits Etats tirent leur épingle du jeu. Nos militants sont les dépositaires exclusifs de la légitimité de notre mouvement. Le Conseil National, composé de militants élus, sera le lieu de prise de décisions engageant le mouvement. Notre diaspora sera proportionnellement représentée au sein de la direction collégiale par des membres élus par ses instances. Cela nous évitera le problème de la suprématie de l’intérieur sur l’extérieur et vice-versa, s’il venait à se poser. Il est franchement temps de créer un cadre démocratique dans lequel notre mouvement pourra fonctionner démocratiquement. Sécuriser un mouvement de libération est  certes une exigence, mais il faudrait se garder de le verrouiller au risque de le détourner de son peuple et de son but. Une telle attitude fausserait le jugement et l’analyse politique de ses responsables, les conduisant inéluctablement d’erreur en erreur, jusqu’à la faute fatale.

Rejeter la violence : L’URK prône la lutte politique, sans violence. Seule l’organisation et la mobilisation pacifique et civilisée de notre peuple autour de l’objectif politique que notre mouvement s’est assigné pourrait conduire la Kabylie à la victoire. La violence n’est plus le moyen des luttes émancipatrices qu’elle a été dans le passé. L’étincelle qui suffisait à  jeter la révolution dans la rue avant que le peuple s’en empare ne prend plus. Aujourd’hui, c’est même l’inverse qui se produit un peu partout dans le monde. La violence ne sert que le régime colonial algérien qui y recourt à chaque fois qu’il se sent fragilisé. C’est un extraordinaire levier de propagande entre les mains du pouvoir pour faire l’unité de l’Algérie contre la Kabylie. Le pouvoir algérien n’hésitera pas à nous taxer de terroristes. Il a déjà réussi à nous faire lister comme zone dangereuse pour terrorisme auprès de nombreux pays (USA, Angleterre, Allemagne,…). La Kabylie doit se démarquer de la violence qui caractérise l’ideologie arabo-islamique qu’elle ne cesse de subir. L’URK optera au renforcement de la pression de l’opinion publique des pays décideurs sur leurs dirigeants politiques. La brèche existe, la Kabylie peut s’y introduire et exploiter cette opportunité.

Renforcer la cohésion sociale : Pour ce faire, l’URK  préconise la réinvention de  la citoyenneté kabyle, qui comporte la solution en son sein, car elle  se résume au partage des valeurs communes à tout le peuple kabyle, concrétisant  ainsi ses vœux les plus chers qui sont l’union et la solidarité. Nous disons en kabyle Isdukkel-aɣ  wakal. Partager la même terre, c’est partager son destin tout en assumant ses devoirs et en jouissant de ses droits. Si la solidarité, la culture et la langue ont, en Kabylie, une grande valeur, la cohésion sociale est aussi considérée comme un bien précieux. La conscience collective et la solidarité entre les individus sont des marqueurs déterminant grâce auxquels la Kabylie a survécu à travers les âges sans posséder un Etat, au sens moderne du terme, qui aurait veillé à son intégrité. Les Kabyles partagent un même ensemble de valeurs et les règles de vie sont acceptées par chacun. Pour disloquer cette cohésion digne des grandes nations, l’Algérie coloniale provoque régulièrement des fractures au sein de notre société. Nous ne devons pas en rajouter. Il faut cesser de cautionner les semeurs de haine pour des raisons de leadership ! L’autoritarisme et les méthodes musclées ne nous soudent pas, bien au contraire: ils sèment le trouble et créent des dissensions au sein même des mouvements politiques. C’est notre cohésion à tous les niveaux qui consacrera notre projet d’indépendance.

Bâtir l’Etat kabyle : Point besoin d’une autre vérité que celle que nous renvoient  les événements qui se déroulent sur le terrain ! Il en ressort, sans doute aucun, que notre peuple n’a d’autre objectif que celui de construire son avenir propre sur la terre de ses ancêtres. Dans un premier temps, nos frontières seront celles où notre langue, le kabyle, est parlée. Libres aux populations limitrophes historiquement kabyles d’exprimer leur vœu de réintégrer la Kabylie. Il devient par conséquent urgent de prendre conscience que l’heure est à la construction d’un consensus entre les forces kabyles sur la base d’un intérêt commun et immédiat : c’est-à-dire, la mise en place d’un Etat  kabyle  et ce, pour contrer d’urgence au moins ces quatre dangers :
    – L’insécurité voulue et entretenue par l’Etat colonial algérien.
    – L’islamisme et l’arabisme qui s’installent insidieusement en Kabylie.
    – La ruine de l’économie kabyle par le pillage (sable – eau) ou le sabotage (incendies réguliers),
    – L’isolement international de la Kabylie imposé par le pouvoir algérien.

Il est vital de consolider le combat politique par la mobilisation de toutes les énergies afin de prendre en charge les problèmes quotidiens du peuple kabyle ne pouvant pas attendre l’avènement de l’État kabyle. En d’autres termes, parallèlement à la lutte pacifique pour la libération de la Kabylie, on doit bâtir un État kabyle de facto pour mettre le colonialisme arabo-islamiste algérien devant ses responsabilités. Il nous faut agir en urgence en s’unissant sur un minimum de projets et d’actions.

Nous sommes convaincus que l’Etat kabyle émergera et s’imposera comme un acteur incontournable en Afrique du Nord. L’union des Peuples libres, pour laquelle la Kabylie et d’autres peuples amazighs luttent depuis des siècles pour la libération de notre terre Tamazɣa, se dessine et se conjugue avec le présent. Soyons à l’écoute du monde et à la hauteur de notre destin.

Vive la République kabyle

Signé par les 126 membres fondateurs

Commentaires

Soumis par amazigh ouzeffoun (non vérifié) mer 18/07/2018 - 22:28

azul fellawen , un etat kabyles biensur , mais mes freres, nous devons banir l'arabe de notre terre .on doit vraiment gommer sa trace .

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