Katia YAKOUBI : « Le capital tue la liberté, l'égalité et la fraternité »

Katia YAKOUBI : « Le capital tue la liberté, l'égalité et la fraternité »

KABYLE.COM  : Dans la lettre que vous avez écrite, on constate une colère qui s'exprime contre le capitalisme et la domination de la finance dans tous ses aspects dans la vie des êtres humains.

K.YAKOUBI: Oui, c'est une colère juste et saine, contre un système qui est appliqué par nos derniers présidents.Un systeme ou l'égalité des citoyens(e) est remise en question alors qu'elle fait partie intégrante de notre devise républicaine, et où la fraternité et la liberté sont fragilisées. Un systeme qui ne favorise qu'une categorie de personne, soit les plus aisés, et ça ne concerne pas la classe moyenne , que ce soit clair ! Ils ne représentent qu'une poignet d'entre nous.Où es la justice là dedans? La liberté est devenue la loi du plus fort.Je ne veux pas de cela pour mon pays. Il faut rééquilibrer les choses pour le respect de nos valeurs républicaines au nom de la justice. Si on croit en la France , on sait qu'on peut mieux faire en considérant le capital humain avant tout le reste, car les richesses ne dependent que de lui. Vous savez dans le milieu social , les associations deviennent des entreprises même si elles ne portent pas le nom. Pour qu'elles ne ferment pas , elles doivent répondre a des appels d'offres pour cela , elles sont en concurrences les unes contre les autres.De ce fait , il n y'a  plus de réflexion pour la création de projets.Il suffit de répondre a des appels d'offre, qui sont parfois loin des attentes de terrain. Pourtant, un projet devrait se construire autour de besoins relevés avec les acteurs de terrain.Et, il y a de moins en moins de coordination entre les associations , de revendications communes , de projets communs car c'est devenu du chacun pour soi. Il n'y aura plus de solidarité. Toutes les valeurs sociales disparaissent au nom du capitalisme ! L'Etat lui avec cette politique capitaloliberale, a cassé la hiérarchie des normes ,il se met ainsi en retrait d un dialogue social . Alors, quel devenir de nos associations comme ça si on ne peux plus parler directement avec l'Etat ? Ce dernier abandonne ainsi ses responsabilités.
Il n'y a plus de médiation possible et donc plus de négociation car maintenant cela se fait par entreprise.

L'Etat a cassé la chaine de la discussion possible. Il a réussit à museler les salariés, il n y a donc plus de démocratie sociale.

Vous croyez réellement que les acquis sociaux perdent de plus en plus leur (valeur ) en France?

Les acquis sociaux sont moins forts avec la loi El Khomri du quinquennat précédent et la continuité qui fût avec les ordonnances Macron du gouvernement actuel par exemple.
Une même politique est menée, juste le visage qui change. Un faux changement induit par la jeunesse du président.

Aujourd'hui, ne pensez pas que même les luttes syndicales ne jouent pas le même rôle qu'avant ?

Le dialogue dit "social" est juste contre les acquis sociaux .Il n'y a plus de démocratie sociale .On est aujourd'hui sur un syndicalisme de compromis et non plus de lutte . Le principe de faveur envers les salariés est l'exception. La négociation ne se fait que dans un sens et elle sera de moins en moins favorable pour les salariés. Pourtant, un dialogue ne se fait pas a sens unique !  Les négociations ne devraient pas être que sur des compromis .Non? Et la société de consommation a su divertir les citoyens(es) pour qu ils/ elles ne s'en rendent pas compte de ce qui se passe, et donc ne se mobilisent pas assez, les rapports de force n existent plus vraiment.

Quelle est la solution pour cette calamiteuse  situation ?

La solution est de changer de système. Il est dans l'avenir en commun que nous proposons avec la France insoumise. Une politique humaniste et écologiste qui va au delà des politiques dites de droite ou de gauche.Rééquilibrer la balance par une harmonisation fiscale, sociale et une totale transparence. Nous défendons les conquis sociaux des travailleurs. Voila la solution: l'harmonisation sociale et fiscale vers le haut car elle tend vers l égalité des individus. Et atteindre cela, c'est faire une politique dite idéale dans tout les camps. L'utopie devient réel quand on met les moyens necessaires pour y parvenir, il suffit de le croire , de le vouloir. Et avant les élections, il ne faut rien lâcher, il faut lutter, ne pas avoir peur. C'est à dire se manifester, se faire entendre , agir collectivement sans violence pour le bien commun.

Interview réalisée par BENHAMOUCHE Amar

 

Et voici l'intégralité de la lettre de Katia YAKOUBI: Message d’une travailleuse sociale de Marseille très inquiète … écrite le 24 décembre 2017 à Marseille,

Quand l'efficience devient un drame pour l'humanité...

Les métiers du social sont en train de mourir ; le capitalisme est aussi dans nos rangs. Le monde des grandes institutions financières est bien ancré dans nos territoires. La globalisation de l'économie, a pu et su s'affranchir de la tutelle de l'Etat. La disparition des grands acteurs sociaux en est aussi une preuve visuelle sur le secteur du 2-3 à Marseille.

Pourtant les victimes sont bien silencieuses. En effet, on commence à observer une absence presque totale de mouvement social même parmi les travailleurs sociaux. A croire que les élites ont bien su s’organiser pour faire passer auprès des gouvernements leur vision. J’y vois du chantage et de la peur quand j’entends « … C’est comme ça, on n’y peut rien car on pourrait perdre notre emploi…», ou encore «… On n’a pas le choix, si on veut être attractif, on doit être compétitif et il est sain de le dire… »…

Ainsi, ceux qui refusent la concurrence refuseraient implicitement la liberté de choix des consommateurs. Cette vision n’est pas la mienne : nous ne pouvons pas transposer le système économique au système social. Il est tout aussi incohérent à mon sens de parler de « client » dans le social pour designer les personnes accompagnées, comme j’ai pu l’entendre lors d’une réunion de travail au sein d’une association Loi 1901, dont les dirigeants parlent comme s’il n’y avait que l’aspect financier qui compte.

L’individu doit-il être « acteur de son projet » ? Bien évidemment, mais sans le pousser vers la consommation ! Un individu doit construire son projet personnalisé et nous devons l’accompagner dans ses démarches, sans pour autant le considérer comme « client de nos prestations ».

Le capitalisme a en réalité pour principe de base la recherche à tout prix d'un profit, peu importe les conséquences. De ce fait, on devrait accepter de faire « plus » avec « moins de moyens », tout cela afin de garantir « un maximum de prestations en étant le moins cher (compétitif) possible », au bon désir des financeurs. « Les appels à projet seraient ainsi gagnés » … C’est la loi du marché, la loi du plus fort ! On se doit d’être « les meilleurs », « les bons élèves » pour acquérir le plus de marchés possibles.

Les entreprises ne peuvent pas défendre l'intérêt collectif : il est contraire à leur nature. Elles ne prennent en compte que leur intérêt propre, ne décident que pour elles et sont en perpétuelles concurrences les unes avec les autres. Les associations ne peuvent donc pas être des entreprises. Sinon, tant qu'a faire, changeons le statut des associations pour plus de transparence, et on pourra enfin garder les excédents pour faire du profit.

Certains voient à travers le capitalisme l'enrichissement collectif, le progrès, ou encore le développement économique et personnel. La réalité, c’est qu’avec le capitalisme nous avons des équipes au bord du gouffre, un véritable générateur de crises sociales et économiques, incompatible avec les avancées telles que l’esprit écologique, l’éthique ou encore la déontologie professionnelle.

Il détruit l’économie locale et ne fait que renforcer les inégalités. Les riches deviennent de plus en plus riches, les pauvres eux de plus en plus pauvres. La disparition et l’affaiblissement des acteurs sociaux et des services publics viennent là encore renforcer l’iniquité de notre système.

Le capitalisme tue !

Nous devons rendre compte de notre travail en misant sur sa visibilité qualitative plus que sur son aspect quantitatif. Voilà où seront nos « sorties positives ». Il est difficile d’entendre les termes « efficience » ou « compétitivité » lorsque l’issue de notre travail a des conséquences directes dans la vie quotidienne d’êtres humains, et d’autant plus avec un public en situation de grande précarité. Car NON, ils ne font pas le choix d’être « bénéficiaires » de prestations sociales.

Nous devons lutter contre ce fléau. On nous répondra : « Mais alors, que faut-il faire ? Une grève générale ? »… Et bien OUI, c’est probablement et malheureusement la seule façon d’avoir ne serait-ce que la possibilité d’arracher des concessions significatives. L’intérêt des salariés étant collectif, nous devons miser sur le capital HUMAIN, voilà notre seule véritable richesse et cela n’a pas de prix : l’humain avant l’argent.

Katia Yakoubi

 Katia YAKOUBI : « Le capital tue la liberté, l'égalité et la fraternité »
Soumis par Karim Xerbuc (non vérifié) sam 06/01/2018 - 11:06

Le combat de la France Insoumise est un combat de l'humanité qui dépasse les frontières française. Bravo Katia pour ton analyse percutante et ton publication dans ce combat noble et juste.

Soumis par Arzaz (non vérifié) sam 06/01/2018 - 18:29

Non merci, on connaît les ravages des dictatures communistes dans les pays d'Europe de l'est, sans parler de l'impérialisme soviétique de la Russie qui soutenait durant la guerre froide le dictateur et tyran Boumediene, pour des raisons purement stratégiques et géopolitiques. La civilisation kabyle a été détruite par les invasions arabes à partir du 8ème siècle, turcs à partir du 16ème siècle, et malheureusement aussi française au 19ème siècle. Je regarde l'histoire en face, toute l'Histoire. Les aspirations de liberté et d'indépendance des kabyles sont légitimes et apolitiques. Ce mouvement d'espérance et de liberté réunit des kabyles de toutes sensibilités politiques. Pas de récupération politique d'ici ou d'ailleurs ! ! Ces gens ont trahi la classe ouvrière, ils n'ont jamais empêché les delocalisations, et ils se sont embourgeoisés. Ils faisaient tous partie de la gauche caviar qu'ils critiquent tant aujourd'hui, ils ont juste changé d'étiquette. Tous démago, ils ont gardé le même fond de commerce, ils juste changé de logo.

Soumis par Katia yakoubi (non vérifié) sam 06/01/2018 - 19:35

On peut faire parti d un parti politique et partir car les idées défendues ne sont plus en adéquation avec ce que nous sommes Et donc nos convictions.

Donc le fait de dire, " ILS sont tous les mêmes", ne vaut rien...

Vous faites de l amalgame , des comparaisons qui ne valent pas raison..

On parle d un programme , l avenir en commun..
Que vous n avez pas lu...
On ne juge pas ce qu' on ne connaît pas en faisant des suppositions...

Soumis par Arzaz (non vérifié) dim 07/01/2018 - 10:26

En réponse à par Katia yakoubi (non vérifié)

Vous cherchez à expliquer et à justifier les agissements de vos maîtres alors que vous êtes trop jeune pour en parler, vous êtes endoctrinée mademoiselle. Ce ne sont que des moulins à parlotte, c'est que du vent. Ces gens ont trahi la classe ouvrière, ils se sont attablés avec ceux qu'ils critiquent tant aujourd'hui, ils n'ont même pas la reconnaissance du ventre. Ils se sont embourgeoisés et bien rempli le ventre sur le dos de tous celles et ceux qui leur faisaient pourtant confiance. Vos maîtres ne sont que des opportunistes et des girouettes spécialistes du retournement de veste, sans conviction et sans état d'âme. Tout comme homologue âne-geriens qu'ils soutiennent depuis toujours. Dans les années 70 ils nous présentaient Boumediene comme un grand révolutionnaire, alors que ce n'est qu'un imposteur opportuniste, tyran et dictateur. Ne parlez pas de choses que vous ne comprenez pas. Et faites pas le rabatteur de service à des fins purement électorales.

Soumis par Juba II (non vérifié) dim 07/01/2018 - 11:47

En réponse à par Katia yakoubi (non vérifié)

Bravo Katia d'avoir des convictions politiques Mélenchonniste  sa prouve que vous tees humaniste et soif de justice, moi même j'ai voté Mélenchon . Par conséquent le problème n 'est pas là mais chez nous. (Le grand capitale est le substrat de l'homme depuis qu'il a découvert les échanges commerciales qui remonte très loin dans le temps, malheureusement sauvent a servit pour rendre esclave l'homme au service d'un autre homme).
Des personnes comme vous sont utiles à nôtre cause pour faire avancer et trouver des solutions pour sortir du marasme des soumis=musulmans qui verrouille nos vies, qui nous empêché d'avancer depuis des siècles,  qui formate nos cerveaux pour ne pas vivre au XXI e siècle, jusqu'à oublier ce que nous sommes et d’où on vient. « Avez vous déjà entendu autour de vous c'est à dire entre Kabyles dire nous les arabes d'un ton naturelle. Donc ce qui prouve les cerveaux formater à jamais »
Bien-sure on peu faire parti d'un parti politique quelconque selon ses convictions mais sans oublier d'où on vient, à savoir les Français ont la mémoire courte, dont à ce propos je vous invite à lire Jean DUMAURIER la mémoire du peuple Berbères.
A propos du Capital qui fait du bourricot un lion, il faut lire les femmes de l'islam de Marek HALTER qui relate les hadites=mémoires de Aïcha. Comment Mahomet à pris de l’ascension grasse à l'argent malhonnêtement gagner.    

Soumis par Asalass (non vérifié) lun 08/01/2018 - 09:45

"La France insoumise" est un slogan populiste et Mélonchon ne fait que reprendre les discours populistes qui datent de la révolution bolchévique de Lénine et de Staline. Il habille son discours de faits actualisés pour mieux capter les jeunes sensibles aux fanfaronnades. En réalité Mélonchon est un franc-maçon, une secte qui  prône la domination de Satan sur le monde et l'aliénation des peuples.

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