Icheriwene, une citadelle, une histoire et une mémoire oubliée

Icheriwene, une citadelle, une histoire et une mémoire oubliée

Il y a lieu de préciser que ce site est un plateau qui culmine à une altitude d’environ 1200 mètres. Il domine de ce fait une bonne partie de la Kabylie, du Djurdjura jusqu’aux montagnes du littoral.

Icheriwen, village natal du grand poète Si Mohand ou M’hand qui a longtemps occupé cet endroit, dont malheureusement pour le moment nous ne disposons pas encore d’informations fiables quant à sa date de création. En effet, des sources prétendent que l’existence du village remonte à l’époque byzantine et peut être plus avant. De ce village, il ne subsiste plus rien ou presque. Seul le mausolée saint Sidi Hend Awwanou (le lieu le plus visité de la Kabylie jadis), nous parvient et nous rappelle qu’avant l’arrivée des colons une vie sociale existait dans et autour de ce dit site considéré comme l’ancêtre spirituel, et peut être même plus de la tribu des Ath Iraten.

Icheriwene, une citadelle, une histoire et une mémoire oubliée

 

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Photographies Balak A. Kabyle.com D.R.

D’ailleurs, traditionnellement les gens de la région jurent par son nom jusqu’à aujourd’hui. Hormis quelques activités sociales, religieuses et culturelles qui se déroulaient autour de ce lieu saint une fois par année, aucune trace physique ne vient nous rappeler le village Kabyle ou une quelconque occupation coloniale, et pour cause !

Ce hameau montagneux a été choisi par le Maréchal Randon qui y a établit un fort géostratégique, juste après la conquête de cette région de la haute Kabylie en 1857, baptisée Fort Napoléon. Pour lui installer un fort militaire sur ce site, en rasant le village d’Icheriwen et en déportant le reste de ses occupants.

Il convient de noter qu’une résistance farouche contre l’occupant français s’est concrétisée par de rudes batailles où on avait à déplorer beaucoup de victimes de part et d’autre. Le fort était une nécessité impérative pour consolider la présence française en Kabylie. Ce fort représente « une épine dans l’œil du Kabyle », selon sa propre déclaration l’armée française qui ne reculait devant aucun obstacle pour accomplir ses desseins, en construisant le fort militaire avec ses murailles, pendant une période de cinq années.

Les amendes collectives et les biens séquestrés des tribus ayant résisté à l’occupation, ainsi que les prisonniers autochtones ont fourni les moyens nécessaires à la réalisation du fort.

Les carrières de pierres de granit et de calcaire ont été ouvertes dans les voisinages immédiats, notamment la carrière de El Hammam, village situé à quelques encablures de ce fort. Ce travail achevé, on commença à bâtir le village colonial, en expropriant les terrains jouxtant le fort au profit des nouveaux colons qui ne tardèrent pas à arriver. En conséquence le marché hebdomadaire qui se tient tous les mercredis, d’où le nom de Larba Nath Irathen, fut déplacé de son lieu original pour être évacué à l’extérieur des remparts, et en marge du village colonial.

C’est dans ce contexte qu’en 1863 le Prince Louis Philippe, représentant son père, l’empereur Napoléon III, en compagnie de sa fille Anne Marie, ont visité le fort, et ont déposé la première pierre pour la construction de l’église. Deux ans plus tard, en 1865, l’empereur Napoléon «le petit », comme on le surnommait, inaugurait cet édifice religieux. Cependant, nous pouvons encore disserter, sur les différentes anecdotes et faits importants qui se sont déroulés sur le sol des Ath Irathen sans pouvoir mettre un point final du devoir de mémoire collective, cette mémoire longtemps occultée.

Nous avons à nous renseigner sur notre passé sans passion ni démesure, toutefois, avec lucidité et c'est peut être de nos jours, un moyen pédagogique important pour connaître notre environnement socioculturel immédiat lointain et surmonter nos difficultés présentes et à venir.

La volonté affichée, consciemment ou non, pour détruire le reste des vestiges et monument historique doit trouver un paravent, c’est la conscience collective. Raison pour laquelle, il faut saluer l’initiative prise par un groupe de jeunes, déjà en 1994, en créant une association pour la défense et la sauvegarde du patrimoine. Sans moyens, sans aide mais avec la volonté et la conscience, ils ont pu accomplir un travail qui mérite un hommage pour avoir barré la route à l’ignorance.

Malheureusement, les forces occultes ont fait pour décourager et mettre fin à ces membres actifs et humbles de cette dite association. Il est à signaler par ailleurs, que l’ANP (Armée Nationale Populaire) a repris le site, en 2004 après leur départ en 1994, vu le terrorisme qui sévit ces dernières années en Kabylie. Le ministre de la défense a décidé de transformer ce site en campement militaire. Il est impératif de souligner que la caserne militaire représente trois tiers de la superficie de la ville de Fort National.

Aussi, pour faire disparaître l’authenticité, l’identité et la culture autochtone de la région, les fossoyeurs de l’histoire «néocolonialistes» qui ont pris le pouvoir de force en 1962, ont détruit tous les archives, documents officiels, monuments historiques, vestiges, village colonial, sites religieux, les écoles des pères blanc entres autres, pis encore, même la fête des cerises crée en 1889 par les instituteurs de l’époque et les religieux n’a pas été épargnée.

Rappelons que Fort national, est une région à vocation arboriculture, le cerisier était une économie par excellence de la population, pour faire trépasser ce fruit précieux, le régime de l’époque a importé les plans malades et infectés par un virus d’Espagne en 1975, tous les arbres ont été contaminés, détruits voir saccagés à jamais, un crime contre la nature une manière d’empêcher le peuple kabyle de revendiquer son identité. Aujourd’hui, le cerisier est quasi inexistant à Larbaa Nath Iraten. Et dire que cette région est l’une des meilleures productrices et de qualité de ce fruit à l’échelle mondiale. Déterminés à bâillonner et réduire la Kabylie à néant, les squatteurs de l’Algérie « libre » ne comptent pas s’arrêter là !

En attendant, la municipalité a essayé de ressusciter cette fête, il y a quatre ans afin d’encourager les agricultures à renouer avec ce fruit du tiroir et las, le sol est toujours empoisonné et infecté. Après la destruction des cerisiers, les forces du mal s’attaquent à l’olivier, tous les champs de ce produit du tiroir typiquement kabyle ont été incendiés volontairement par ces derniers. Il est impératif de signaler à nos fidèles lecteurs, que seule la portes d’Alger construite par l’empire colonial en 1858, a été détruites par les élus de l’époque du FLN en 1977, restaurée seulement à cinq pour cent de son authenticité par l’ancien Maire du RCD dans en 1998 . Aussi, le cimetière Chrétien transformé en cité AHLM , monument d’Icharédene (pillé) , la cathédrale du centre ville (converti en mosquée) , l’orphelinat de l’Aârriche construit en 1889 (démoli), l’ancienne école des Pères Blancs devenu (siège de la municipalité), couvant des Sœurs blanches (détruit) , Hôtel de ville édifié en 1909 transformé en ( commissariat de police) et d’autres sites historiques précieux et touristiques ont été tous saccagés dans les années 1970 et 1980 par le régime néocolonialiste arabo islamo baathiste, objectif déraciner à jamais la Kabylie profonde de son Histoire.

Désormais, l’ex commune mixte de Fort national, l’une des plus belles villes Metropolitaine , a perdu sa splendeur, sa beauté, son identité et son style urbanistique colonial. Nous tenon à remercier, tous ceux qui nous ont aidés à réaliser ce reportage.

Reportage en Kabylie réalisé par Balak A.

Diaporama
Soumis par bouane nassira mar 06/09/2016 - 12:32

eXcellent reportage, votre travail de recherche et journaliste est plus que parfait, je vous remerci vivement , il faut des papier de ce genre pour éveiiler les kabyles anestiséiers depuis trés longtemps. Encore une fois je salut l'auteur de cet magnifique article que j'ai relu plus de quatre fois. Sincérement, vous etes des professionles et des militants de la liberté d'expression. Les citoyens de kabylie ont soif de l'information, ce genre d'articles sont rare . la presse puante Algérienne participe activment à la desinformation. Merci pour K.C . Le peuple kabyle est avec vous.

Soumis par bouane nassira mar 06/09/2016 - 12:39

En efftet, Fort ational   est une citade, est uné région des seigneurs par excellence, nul ne pourra contesté l'histoire et la réalité de cette belle contrée de la haute kabylie qui fait la fierté du peuple kabyle. Bon reportage digne du nom, merci pour l'auteur que je salut haut et fort

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