Hamid Aftis, peintre sculpteur, une révélation qui fait son chemin

Hamid Aftis, peintre sculpteur, une révélation qui fait son chemin

Des artistes de talents continuent à se consacrer silencieusement et avec détermination à leur passion. Hamid Aftis, artiste sculpteur et peintre, fait partie de cette génération d’artistes qui veulent laisser leur empreinte par la voie de leurs créations en essayant de sublimer l’œil, d’attirer le regard vers l’art et le beau.

Né en 1977 au Village Lmechta  de la commune Ighrem et Daira d’Akbou, diplômé de l’école régionale des beaux-arts d’Azazga en 2004, l'artiste s'est formé à l’école des beaux d’Alger entre 2004 et 2005 puis en Arts visuels entre 2006 et 2007.

Aujourd'hui, Hamid Aftis peut vivre de son art. Il compte à son actif plusieurs œuvres réalisées aussi bien des peintures que des sculptures. Certaines sont installées dans des lieux publics, des localités de Kabylie à l’instar des quelques statues à Akbou, sa région d’origine et celles d’Azazga  la ville où il a suivi son cursus.

L’artiste confirmé d’aujourd’hui  comprend que le goût et la passion forte qu’il éprouve envers l’art plastique, ils les doit selon lui,  à son penchant et sa sensibilité  depuis son enfance vers tous ce qui est manuel et matière touchable et maniable. Comme tout enfant de sa génération qui est né et a grandi dans un village de  Kabylie, la débrouille est à la fois une passion et une nécessité dans un environnement dépourvu de toute structure de loisirs permettant l’épanouissement créatif et culturel. La jeunesse kabyle vit dans un milieu social où l’enfant est censé se prendre en charge  notamment quand il s’agit de ses activités de loisir ou de distraction pourtant très chers et indispensables à l'épanouissement.

L’enfant qu’il était, fabriquait donc ses propres jouets de fortune avec des matériaux  qu’il récupérait dans des dépotoirs sauvages du village convoités par des enfants en quête de tout ce qui leur est utile pour leurs créations. Les déchets plastiques et ferrailles lui servaient de matières premières pour en fabriquer des petites voitures, des cartons pour confectionner des petites maisonnettes ou encore des petites statuettes modelées à base de la terre mouillée ou de l’argile,  tous les moyens semblaient bons pour mettre en pratique les idées qui bouillonnait dans sa tête,  tout ce cela sans avoir la moindre idée de ce qu’est l’art et encore moins celle la récupération qui est aujourd’hui un concept à la mode déclare-t-il.

Le sens de créativité  pour Hamid  ne s’est pas arrêté à ce passage  inévitable et commun à tous les gamins de sa génération qui ont partagé le même vécu, puisque  le goût  pour l’illustration et l’image s’intensifie en grandissant,  ses premiers dessins rappelle-t-il remontent à l’âge où il fait la découverte des bandes dessinées (BD) chez ses oncles maternels qui lui inspiraient des premières reproductions de Rahan, Mickey et autres personnages qui fascinaient les enfants de son âge. Puis vint l’étape où il s’initiait au portrait dont les sujets ne sont que des citoyens de son village,  en suivant donc sa seule intuition. Il parvenait à pénétrer petit à petit l’univers de  de la technique de la peinture à l’huile et les noms des grands maitres de cet art.

A l’âge de 23 ans ,l’enfant de Lmechta intègre l’école régionale des beaux arts d’Azazga où il obtient son diplôme après quatre années d’études. Cette formation lui a ouvert les portes pour un apprentissage et un enseignement théorique des arts plastiques, une phase où les apprentis se livrent inévitablement  à des influences multiples et parfois tout azimut. "Nous étions des étudiants novices et non préparés à ce genre de culture avant l’entrée dans l’école des beaux -arts,  nous reproduisions tout ce qui nous tombaient sous la main. Nous voulions être à la fois, des Salvador Dali, des Césanne, des Van Gogh, des Issiakhem..."

Les ateliers de modelage étaient déterminants et c’est là qu’il découvre sa vocation de sculpteur, encouragé et stimulé sans doute par les bonnes appréciations de ses formateurs et ses camarades. Déjà sur les bancs de l’école, Hamid pensait à modeler son propre don et donner forme à sa propre destinée qui fait de lui aujourd’hui un sculpteur confirmé. 

Dans le domaine de la sculpture  aussi, les influences des grands maîtres ont pesé, comme tout artiste à la recherche de confirmation et d’assurance, il se référait au travaux de Michel Ange à Rodin en passant par Giacometti et d’autres maîtres contemporains. ‘’Certes les influences nous forgé et guidé à trouver notre propre voie mais, il arrive un moment où on doit s’en débarrasser, car il est impossible de sculpter tel que Michel ange, Rodin ou Giacometti, l’artiste doit trouver sa propre touche en exprimant son propre ressenti" reconnait-il.

Après une phase inévitable marquée par des influences diverses, l’artiste finit par se frayer un chemin avec une touche qui lui est propre.

Pour ceux qui connaissent les œuvres sculptées et modelées par la main de Hamid Aftis, ils comprendraient facilement que l’artiste se distingue par son  empreinte : une touche qui donne de l’âme à des statues certes figées mais d’une telle expressivité qui parfois nous donne une impression de mouvement à l’image du buste en marbre de Matoub Lounes, la statue d’une place d’Akbou dédiées aux événements du Printemps Noir de Kabylie réalisée avec un groupe d’amis, les deux maquisards au niveau de la gare routière d’Azazga ou encore Le penseur inspiré d’un modèle de sculpture africaine installé au niveau de la maison de la culture d’Azazga pour ne citer que celles-ci. Ces sculptures interpellent et attirent le regard du spectateur y compris les plus indifférents d’entre nous.

En dépit d’un manque criard des structures favorisant la promotion et la vulgarisation des arts plastiques  et l’inexistence  du marché de l’art dans un pays  où les talents ne font pas défaut, Hamid reste serein et positif quant à l’intérêt du public pour cet art "notre société est ouverte et réceptive à l’art et à tous ce qui est beau, c’est aux artistes de s’imposer en multipliant des créations sublimes capables de susciter l’admiration et la reconnaissance" déclare-t-il.

Sans abandonner la peinture,  l’artiste a traversé une période où il avait consacré plus de temps pour la sculpture afin d’ honorer ses commandes dont certaines nécessitent un travail hors atelier, aujourd’hui, comme un oiseau  qui se concentre sur son nid pour éclore ses œufs, Hamid  songe  à se structurer autour de son atelier situé dans la ville d’Akbou, mêlant ses doigts de magicien  dans l’argile et la résine pour faire naître des créations qui sublimeront pour toujours.
 

Lyazid Chikdene

Commentaires

Soumis par DaKaci (non vérifié) mer 14/03/2018 - 01:34

c'est une tres grand artiste ! rien qu'a voir ces oeuvres, on imagine que le moNsieur a du talent. On ne l'appelle pas Aftis (le marteau ) pour rien. Il porte bien son nom. j'ai une question : est ce que la fresque est celle qui a ete placee recemment au musee du Congres de la Soummam ? tanemirt

Soumis par nouci (non vérifié) jeu 15/03/2018 - 19:09

En réponse à par DaKaci (non vérifié)

aftis en français c est la pleine a coté d une reviere monsieur et non pas un marteau , le grand marteau c est afdis : avec une point au dessus de D

Soumis par DaKaci (non vérifié) ven 16/03/2018 - 03:48

En réponse à par nouci (non vérifié)

Merci pour la lecon mais malheureusemnt nous a Vgayet , "aftis" veut dire marteau. Votre Afdis c'est quelque chose d'autre. A ma connaissance son nom c'est Aftis et nom afdis ! Donc j'ai raison.

Soumis par DaKaci (non vérifié) ven 16/03/2018 - 18:49

En réponse à par nouci (non vérifié)

Certainement c'est pourcela que la lettre V a aussi disparu de l'alphabet Kabyle moderne ! Qui a decide ? Parceque les gens de la Haute Kabylie n'ont pas le meme accent que ceux de la Basse Kabylie, on est arrive a cosntruire un alphabet pour nos freres d'en haut . Ridicule n'est ce pas ? Vgayet est devenu Bgayet!!!! A ce rythme la on auras deux langues Kabyle. Je dis Aftis et le prononce comme on si on lirais du francais et cela veut dire "marteau" ! Afdis ? connais pas !

Soumis par Aqvayli (non vérifié) mer 14/03/2018 - 15:10

Vraiment excellent.
Une qualité rare dans l'anatomie et le détail.
Merci Mr. Aftis d'avoir parfait votre autant et nous offrir l'occasion d'admirer des oeuvres aussi aboutit bien de chez nous.
Bonne continuation

Soumis par Artémis (non vérifié) sam 17/03/2018 - 17:16

En réponse à par Aqvayli (non vérifié)

C'est exact , d'ailleurs bgayet c'est pour les arabistes, en kabyle authentique c'est VGAYETH ET NON BGAYET TYPIQUEMENT BÉDOUIN, ILS N'ONT PAS DE LETTRE "V" DANS LA LANGUE DES ARABES, DONC ILS PRONONCENT "B", que c'est laid cette façon de prononcer, horrible!?.. Rendez à césar ce qui appartient à césar!.. VGAYETH ET NON BGAYET, VEGA ET NON BEGA?!...

Soumis par Juba 2 (non vérifié) ven 16/03/2018 - 16:49

L’inculte est un individu narcissique qui ne pense qu’à rayonner avec mépris sur les autres. Par conséquent je signale à Afthis que la tête de Juba II en bronze se trouve au Lovre à Paris . Pour l’hist, l’invasion Arabes du VII em siècle avaient tout détruit la capitale de Juba a. Cherchells par contre à l’arriver des Français au XIX siècle avaient trouvé la tête de Juba sans le corps de la statue dont celle ci et beaucoup d’autr choses sont ramenés en France. Donc en tant qu’artiste pouvez vous réclamer cette effigie de notre ancêtre au colons français ?

Soumis par Ablate (non vérifié) ven 16/03/2018 - 19:38

Une grande maîtrise technique et un vrai talent d'artiste sculpteur traditionnel.

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