Arrestations d'Oulahlou, d'étudiants et d'artistes marocains : le témoignage de Djamel Alilat

Arrestations d'Oulahlou, d'étudiants et d'artistes marocains : le témoignage de Djamel Alilat

Je reviens sur les arrestations d'hier pour vous donner un résumé de l'affaire.

J'ai accompagné Oulahlou et des artistes marocains qui sont dans la défense de la culture amazigh et antimakhzen pour le gala du 20 avril à l'université de Tizi Ouzou sur invitation du comité des étudiants.

Pour la petite précision nos amis marocains sont rentrés le plus légalement du monde par l'aéroport d'Alger. On savait très bien qu'on allait être arrêtés après le gala comme l'année dernière et d'avant dernière. Le cocktail printemps berbère, Oulahlou, étudiants, artistes marocains n'est pas du goût de l'état Bouteflikien et autoritariste qui nous gouverne surtout dans le contexte actuel de récupération du mouvement berbère, de folklorisation de ses manifestations et de volonté manifeste de le vider de sa charge politique et culturelle.

Hier, les organisateurs du gala ont eu la mauvaise idée de programmer les artistes marocains après Oulahlou. Ce qui fait qu'une grande partie du public avait déjà quitté après le passage de celui que tout le monde attendait et beaucoup d'étudiants organisateurs étaient démobilisés et à la deuxième chanson du groupe marocain une "main étrangère" à sciemment coupé le courant et mis fin au gala.

Les bonnes vieilles méthodes, quoi. Ensuite pour sortir de Tizi sans passer par la case commissariat, il fallait des ruses de sioux que je ne peux hélas pas exposer ici. Ce qui fait que quand les policiers nous ont interpellé, à leur grand étonnement j'étais seul dans ma voiture et celle d'Oulahlou était conduite par des amis qui ne sont pas concernés par l'événement. Oulahlou lui même à été interpellé dans une autre voiture, contrôlé, interrogé puis relâché au bout d'une heure comme nous tous.

Nous ne nous sommes retrouvés qu'une fois arrivés en "zone libre". Même si nous n'avons absolument rien à nous reprocher et que nous que des artistes et journalistes qui militent pour la liberté d'expression en général, la culture de leurs ancêtres et, la fraternité entre les amazighs spoliés de leur identité par des régimes autocratiques, nous demeurons hautement suspects.
Qu'à cela ne tienne, à travers toute l'Afrique du Nord le combat pour la liberté et la dignité reste encore à faire. Que chacun apporte sa petite pierre. Pour finir, je remercie tous ceux qui se sont inquiétés et manifestés hier.

Tanemirt nwen.

Djamel Alilat

source : https://www.facebook.com/djamel.alilat.3

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