Algérie : les libertés fondamentales violemment réprimées

Algérie : les libertés fondamentales violemment réprimées

En soutien aux libertés fondamentales bafouées et aux prisonniers d’opinion et notamment
au blogueur Merzoug Touati arbitrairement condamné à sept ans de prison ferme, le comité
citoyen pour la libération de tous les détenus d’opinion en Algérie, a appelé à une marche
des libertés prévue le 20 novembre 2018 à Vgayet (Kabylie). Mais tôt le matin, la ville a été
quadrillée par des centaines d’agents des forces anti-émeutes et de policiers en civil,
décidés à empêcher la marche pacifique prévue.
Hors de la ville de Vgayet, ils ont installé sur les principaux axes routiers menant à la ville,
des barrages filtrants où ils faisaient faire demi-tour aux véhicules ayant des passagers
suspectés de vouloir se rendre à la manifestation. Les citoyens qui ont pu néanmoins
rejoindre la ville et notamment les défenseurs des droits de l’homme, ont été arrêtés et
emmenés au commissariat de police. C’est ce qui est arrivé à Kamira Nait Sid, co-
présidente du Congrès Mondial Amazigh, arrêtée avec d’autres personnes et retenue au
commissariat pendant plus de trois heures sans explications.
Sans aucun motif légitime, les autorités algériennes continuent ainsi d’interdire les libertés
d’expression, de manifestation pacifique, de réunion, d’association, etc. Et toute résistance
citoyenne aux abus de pouvoir du régime algérien se traduit par l’usage des violences
policières et le recours à des arrestations arbitraires et des condamnations expéditives. Le
gouvernement algérien viole la Constitution (notamment les articles 48 et 49 qui stipulent
que «les libertés d'expression, d'association et de réunion ainsi que la liberté de
manifestation pacifique sont garanties au citoyen») et méprise les conventions
internationales qu’il a pourtant adoptées.
Le Congrès Mondial Amazigh condamne fermement le comportement violent et liberticide
des autorités algériennes et en appelle aux instances internationales afin qu’elles agissent
résolument contre l’Etat algérien et ses forces de répression qui sèment le désordre,
l’insécurité et l’instabilité.
Paris, 9/11/2968 – 21/11/2018
Le Bureau du CMA

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